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Voici pour notre réflexion ce que dit Henri Cellarius, éminent professeur de danse en 1849 dans son ouvrage : La Danse des Salons

 

La valse à cinq temps.

Je compléterai ce que j'avais à dire sur les différentes espèces de valses en donnant l'indication d'une valse nouvelle qui a été composée, pendant mon séjour à Londres, par mon illustre ami Perrot, et qu'il a bien voulu me dédier. Je puis donc dire que je me suis trouvé à la source même pour en connaître l'exécution et les vrais principes.

 

Cette valse, dite à cinq temps , n'est encore connue à Paris que par ouï-dire, au moment où j'écris cet ouvrage. Je dois donc me borner à la simple indication technique, et attendre qu'elle ait reçu la sanction du public français pour émettre mes propres observations.

Le pas de la valse à cinq temps n'a rien en lui-même de fort compliqué; la difficulté principale consiste dans la mesure, qui  est peu usitée, et dont on trouve cependant un exemple dans l'allégro du fameux air de Boïeldieu: Viens, gentille dame .

L'élève doit avant tout bien familiariser son oreille avec cette mesure; quand il l'aura suivie pendant un certain temps, il parviendra à l'observer aussi bien que celle des autres valses.

La valse à cinq temps, destinée primitivement au théâtre, s'exécutait en sautant, et se composait de plusieurs figures et de pas courus, que l'on a supprimés pour la transporter dans le monde.

La position est la même que pour la valse à deux temps: le cavalier part du pied gauche, et la dame du droit.

Voici le détail des cinq temps dont la valse entière se compose :

Premier temps : Le valseur doit avoir le pied droit devant, faire un jeté du pied gauche, en passant devant la dame comme dans la valse à trois temps.

Deuxième temps : Poser le pied droit à la troisième position derrière.

Troisième temps : Emboîter le pied gauche derrière le droit.

Quatrième temps : Poser le pied droit à la quatrième position devant.

Cinquième temps : Petite glissade derrière et de côté.

Il faut toujours recommencer du pied gauche.

On doit faire, sur les trois premiers temps, un demi-tour, comme dans la valse à trois temps, ne presque pas tourner sur le quatrième, et faire le deuxième demi-tour sur la petite glissade.

Je vais maintenant indiquer le pas de la dame, en décomposant les cinq temps comme pour le cavalier:

Premier temps: La dame doit avoir le pied gauche devant, faire jeté dessus du pied droit en relevant le pied gauche derrière.

Deuxième temps: Coupé dessus du pied gauche en relevant le pied droit devant à la quatrième position.

Troisième temps: jeté dessus du pied droit en relevant le gauche derrière.

Quatrième temps: jeté du pied gauche en relevant le droit derrière.

Cinquième temps: Petite glissade derrière du pied droit.

La dame n'oubliera pas que c'est toujours du pied droit qu'elle doit commencer.

Cette valse est susceptible d'autant de variations que les autres, et comporte aussi bien l'envers que l'endroit.

Le compositeur de la musique, pour habituer l'oreille de l'élève à la mesure, a imaginé un timbre que l'on frappe avec un petit marteau au cinquième temps. Cette mesure, pour plus de facilité, peut se diviser en deux, une mesure à trois temps, et l'autre à deux.

Ce n'est pas d'après ce simple détail, fait pour l'enseignement plutôt que pour le monde, que je prétends donner uric idée de ce qu'est la valse à cinq temps, ni présager le plus ou moins de succès qu'elle est destinée à obtenir.

S'il m'est permis pourtant de donner ici mon impression personnelle, je dirai que cette valse, à part même le prestige qu'elle a dû emprunter à mes yeux de l'exécution merveilleuse de son anteur, m'a semblé réunir toutes les conditions d'entraînement et de grâce qui doivent la faire marcher de pair avec les autres danses ou valses nouvelles. Je crois même que l'on trouvera dans son exécution une originalité particulière qu'elle doit au caractère du rhythme piquant et heurté, qui peut-être contribuera surtout à assurer sa vogue.

Mais je ne dois pas oublier qu'il s'agil ici d'une valse pour  ainsi dire inédite, et qui n'a paru encore, à l'heure où j'écris, dans aucune réunion française.

J'ai toujours eu pour principe qu'un professeur de danse devait surtout se garder de prendre l'initiative en fait de danse ou de valse nouvelle; il doit attendre l'impulsion du monde, sans jamais chercher à la donner lui-même.

Il suffirait peut-être qu'un maître prétendît imposer aux salons une nouveauté pour l'en voir écarter à tout jamais, quels que fussent d'ailleurs son attrait et son mérite.

C'est donc sous forme de simple proposition que je me suis hasardé à parler de la valse à cinq temps. J'ai essayé d'en décrire le fond, d'expliquer le pas pour les personnes qui seraient curieuses d'en faire l'essai. Mon devoir est maintenant d'attendre sur ces indications premières, et de voir quelles seront les destinées de cette valse dans les réunions de l'hiver prochain.